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Cinéma Iranien |
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Abbas Kiarostami
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Réalisateur,
Acteur, Scénariste, Monteur,
Producteur, iranien
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Né
le 22 Juin 1940 à Téhéran (Iran) |
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Sang et Or
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10 on ten
un
film d’Abbas
Kiarostami.
Genre
: Drame - Duree : 1H34 mn
Sortie
à la Vente en DVD le 26 Mai 2004
Sortie
en salles le 18 Septembre 2002 |
Un
film d’Abbas
Kiarostami.
Dix séquences de la vie émotionnelle de six femmes et les défis
qu'elles rencontrent dans une étape particulière de leur vie, qui
pourraient aussi bien être dix séquences de la vie émotionnelle
d'une seule et unique femme...
L'AVIS DE LA REDACTION :
Un film d'auteur. Pour les amateurs du genre uniquement...
TEN ou dix séquences de la vie de six femmes et d'une seule à la
fois. Le nouveau film de l'iranien Abbas
Kiarostami évoque l'émotion et les états d'âme des femmes en
général. Le cinéma d'auteur accouche ici d'un nouveau spécimen.
En Iran où la société est rigide, une femme divorce pour se
remarier. Elle refuse d'être soumise et tente de s'appartenir. Une
attitude que son fils, Amin, qualifie de pure "connerie".
Cette femme (Mania Akbari), rebelle, moderne, aussi convaincue
qu'incertaine, nous la suivons dans sa voiture pendant une heure et
demie. Avec elle, 10 séquences, 10 conversations, 10 émotions…
différentes selon son passager de route.
Le film de Kiarostami est un film d'auteur par excellence qui vise
un public averti. Les amateurs du genre apprécieront la simplicité
forte de l'œuvre. Les plus hostiles risqueraient d'y voir un film
facile. Aussi, mieux vaut prévenir, TEN ne plaira pas à tout le
monde.
Le message implicite fait réfléchir. Avec TEN, Kiarostami rend à
la femme sa juste valeur. Elle peut choisir sa vie, travailler,
prendre du plaisir, vivre pour elle, quel que soit son pays, sa
culture et sa religion. "Personne n'appartient à personne,
sauf à elle-même". Cette réplique de la première séquence
résume à elle seule le film.
Un fond opaque pour une forme transparente. En effet, la mise en scène
est quasi-absente, abandonnée à son minimum. La caméra jongle
avec deux plans différents tout le long du film : la conductrice ou
le passager. Par là, le réalisateur prouve que tous les décors nécessaires
au cinéma se révèlent être dispensables. Ici, la voiture évoque
un tout. Le rythme est lent, les plans sont longs (plusieurs
minutes), sombres, parfois noirs… Avec tout ça TEN est à la fois
une grande œuvre de talent et un film ennuyeux. Mais, Kiarostami démontre
magistralement qu'en plus de faire rêver, le cinéma permet de
s'exprimer et de s'ouvrir l'esprit.
Tendre, émotif, didactique et osé, TEN est tout simplement
intelligent. Un film qui laisse perplexe, avec une sensation étrange.
En un mot, comme la vie.
Emmanuelle Rey
TEN PAR Abbas
Kiarostami
"- Je me dis parfois que TEN est un film que je ne pourrais
plus refaire. On ne peut pas décider de faire un film pareil... Il
ressemble un peu à CLOSE-UP. Il est possible de continuer dans
cette voie, mais il faut beaucoup de patience. En effet, il ne
s’agit pas de quelque chose qui se répète facilement. Il doit
survenir par lui-même, comme un incident ou un happening… en même
temps il faut une bien longue préparation. D’abord, c’était
l’histoire d’une psychanalyste, ses patientes et sa voiture mais
c’était il y a deux ans...
- J’étais invité la semaine dernière à Beyrouth au Liban. Il
s’agissait d’un " work shop " avec des étudiants de
cinéma. L’un d’eux m’a dit : " Il n’y a que toi qui
puisse faire un film pareil à cause de ta renommée. Si c’était
nous qui le faisions, personne ne l’aurait accepté. " Je lui
ai répondu qu’en tant que son professeur je lui devais la vérité
: faire quelque chose de simple nécessite une bonne dose d’expérience.
Et d’abord il faut avoir compris que simplicité n’est pas
synonyme de facilité.
- Kundera rapporte une anecdote fascinante qui m’a vraiment
impressionné : il raconte que le lexique de son père avait diminué
avec l’âge et fini par se limiter vers la fin de sa vie à deux
mots : c’est étrange ! c’est étrange ! Evidemment il n’en était
pas arrivé à ce point parce qu’il n’avait plus grand chose à
dire mais parce que ces deux mots résumaient effectivement toute
l’expérience de sa vie. Ils en étaient l’essence même.
C’est peut-être aussi l’histoire du minimalisme…
- La disparition de la mise en scène. Voilà de quoi il s’agit.
L’abandon de tous les éléments indispensables au cinéma
courant, et je dis avec beaucoup de prudence que la mise en scène,
au sens courant du terme, peut disparaître durant ce genre de
processus. Le metteur en scène dans ce cinéma ressemble plutôt à
un entraîneur de football. Il doit faire l’essentiel de son
travail avant le commencement de la prise de vue. D’ailleurs pour
moi le film commence toujours bien avant les premières préparations
et ne finit presque jamais. C’est un jeu perpétuel, chaque fois
que je le montre, je guette les réactions et à chaque fois les
discussions qui suivent la séance prennent une nouvelle tournure…
Toute la beauté de l’art pour moi se résume aux réactions
qu’il suscite.
- Ce film a été créé sans être fabriqué à proprement parler.
Sans pour autant être un documentaire. Ni documentaire ni cinéma
de pure fabrication. Ou bien à mi-chemin de l’un et de
l’autre… La scène survient et je remarque qu’elle me
convient. Plus tard, je constate que telle particularité était
essentielle à l’intégration de l’ensemble.
- Dans TEN, nous avons un plan dans la voiture avec le garçon face
à la caméra. La scène se déroule devant la caméra. Or il y a
aussi des gens qui s’approchent, baissent la vitre et regardent à
l’intérieur de la voiture. Ça, c’est du documentaire. Cet arrière
plan. Eux regardent la caméra. Mais ce qui se passe devant la caméra
n’est pas du documentaire parce qu’il est guidé, contrôlé, en
quelque sorte. Celui qui est devant la caméra parvient à oublier
sa présence, elle disparaît pour lui. L’émotion est créer de
cette manière, comme le résultat d’une certaine quantité d’énergie
et d’informations qu’on donne pour reprendre plus tard. Qui
circule… D’où la complexité de la situation. Ce flux doit être
maîtrisé de façon qu’il se libère juste au moment voulu.
- On ne peut pas se promettre de refaire un film pareil. C’est
comme chanceler dans ses convictions et ses idées bien établies,
parfois il est plus facile de se protéger avec la bonne vieille
mise en scène, le paysage, le décor…
- Si on me demande ce que j’ai fait en tant que metteur en scène
dans ce film, je répondrais : " Rien, et pourtant si je
n’existais pas, ce film n’aurait pas existé. "
- Dans tous mes films il y a des plans où l’affect dépasse la
mise en scène, plie la mise en scène et l’émotion devient plus
forte que le cinéma. Il y a ce plan dans LE GOUT DE LA CERISE, où
M. Badii tout en parlant de lui-même, ne veut pas laisser échapper
son émotion. Alors les coins de sa bouche se mettent à trembler,
pleins de sanglots. Ce sont des plans que je ne prétends pas avoir
fait. Ils méritent mieux que d’être faits. J’ai su les
provoquer et les capter au bon moment. C’est tout.
- Ce film est mon " deux mots " à moi. Qui résume
presque tout. Et je dis presque, parce que je pense déjà à mon
prochain film. Un film en un seul mot, peut-être… "
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