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Cinéma Iranien |
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Bahram Beyzaie
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Réalisateur, iranien
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Né le
26 Decembre 1938 |
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(Téhéran
Iran) |
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Bashu, le petit étranger
vo - Bashu, gharibeh kouchak
Iran, 1986, 120 minutes
Film de Bahram
Beyzaie, avec Sussan Taslimi, Parviz Purhoseini,
Adnan Afravian
sortie en copies neuves en France
- en version originale sous-titrée français -
le 26 janvier 2005 |
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Histoire:Un
petit garçon terrifié fuit son village en flammes, les bombes éclatent
autour de lui… c’était pendant la guerre Irak/Iran, cela
pourrait être aujourd’hui, ailleurs, tout à côté. Il se cache
sous la bâche d’un camion et plonge dans un sommeil profond.
Lorsqu’il se réveille, il n’y a plus de bombes, les champs de
blé bruissent sous le vent. Il s’était endormi dans un désert,
ici l’herbe est verte et douce, l’eau claire et fraîche ne
manque pas. Le camion, pendant son sommeil, a traversé l’Iran,
passant du sud au nord, et nous voilà tout près de la mer
Caspienne. Le langage même a changé et il ne comprend pas un traître
mot de ce qu’on lui raconte. Les paysans qui sont là semblent
ignorer la guerre, et le pire ennemi semble être celui que
pourchasse sans relâche une très belle jeune femme, avec des cris
surprenants, pour protéger ses récoltes, ses poules…
Elle est vraiment très belle Anaïe, son allure extraordinairement
paisible, ses deux moutards, collés dans ses jupes, rient des
craintes du petit noiraud. On saura plus tard qu’elle est seule et
que son mari se bat sur un front lointain. Pour l’instant, elle
devine le désespoir, la souffrance de ce gamin étrange, trouve les
gestes pour l’ apprivoiser. Mais les paysans du coin ruminent,
ragotent ressassent : cet invité inattendu est bien trop différent,
trop sombre, trop silencieux… Rien qui semble très favorable à
ces paysans superstitieux. On sent poindre tous les ingrédients
d’un rejet…
Susan Taslimi, une des plus grandes comédiennes d’Iran au théâtre
comme au cinéma, est depuis réfugiée politique en Suède, et le
film est plus que jamais d’une parfaite actualité.
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Attention : ce film n'est pas anodin.
Comme souvent dans le cinéma iranien on est dépaysé, mais plus
encore dans ce film qui commence, sans détour, par nous plonger
dans des images de guerre. Il s'agit de la guerre Iran-Irak et sous
cette pluie de bombes, des hommes tombent, de pauvres maisons sont détruites,
et une femme au loin brûle dans sa grande robe noire.
Un camion traverse ce paysage avec une chance insolente. Il s'arrête
pour vérifier que les pneus n'ont pas brûlé et, comme une touche
de vie, sort de la fumée un jeune garçon au tee-shirt orange et au
comportement quasi animal. Il saute se cacher sous la bache de ce
camion, juste pour fuir cet endroit dans lequel toute sa famille
semble avoir péri. Qu'importe où ira ce camion.
Au bout de la route, il va courir à travers les champs et finir par
croiser une femme et ses deux enfants. Un peu effrayée, après
l'avoir tout d'abord chassé, comme un petit animal qu'il est
devenu, Naie va commencer à l'apprivoiser.
Peu à peu, sous le regard désapprobateur des villageois et des
autres enfants qui se moquent de cet être différent d'eux, Naie,
ses deux petits et Bashu vont apprendre à vivre ensemble
Bashu le petit étranger est le huitième film de Bahram Beyzaie.
Problablement destiné à l'origine à montrer les ravages causés
dans la population par l'agression irakienne, Bashu s'est rapidement
transformé en mise en cause des préjugés interethniques qui
clivent la société iranienne.
Un très beau film à voir pour sa sagesse, sa beauté, et les leçons
d'optimisme qu'il offre. Indispensable pour réapprendre certaines
notions d'humanisme qu'il faut transmettre à tous les enfants,
aujourd'hui plus que jamais.
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Une maison de production
Bashu, le petit étranger est produit
par l'Institut pour le développement intellectuel des enfants et
des jeunes adultes. Fondé en 1965 par la femme du Chah d'Iran,
cet organisme a beaucoup fait pour le développement du septième
art dans le pays, produisant de nombreux films pour enfants.
D'abord créé afin de publier des livres, il ouvre un
département cinéma en 1970, à but non-lucratif. Abbas
Kiarostami y réalise son premier court-métrage, intitulé Le
Pain et la Rue. L'Institut permet ensuite la naissance d'un
festival international pour les enfants en Iran puis produit,
après la Révolution, des films bénéficiant d'une sortie
commerciale comme Ou est la maison de mon ami? d'Abbas
Kiarostami, Le Coureur d'Amir Naderi ou encore
le film d'animation Contes persans.
Les non-dits du film
Le long-métrage Bashu, le petit étranger
comporte de nombreux non-dits. L'action se déroulant en Iran et
le film étant originellement sorti en salles en 1985, le public
était à l'époque supposé être suffisamment au fait de la
réalité de son pays. Il n'y a ainsi aucune explication sur la
guerre qui secoue le pays dans le film : chacun savait qu'il
s'agissait de celui opposant l'Iran et l'Irak.
Un film qui critique la
guerre
Pour l'historien Mamad
Haghighat, auteur du livre L'Histoire du cinéma iranien,
1900-1999 (Editions Centre Georges Pompidou), Bashu, le petit étranger
est l'un des premiers films à avoir critiqué la guerre. Il
déclare : "A l'époque, un film ne devait pas critiquer les
conséquences négatives de la guerre contre l'Irak. Mais Bashu, le petit étranger
montre que le mari de Naïe, allé à la ville chercher du travail
puis parti à la guerre comme soldat, revient avec une main
coupée : ça, c'est une sorte de critique vis à vis de la
guerre. C'est un des premiers films à avoir critiqué la guerre.
Il est resté interdit trois ou quatre ans sans sortir en Iran, et
n'est sorti principalement qu'en France."
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